Enfant prodige de la pétanque, le sociétaire du DUC gravit une à une les marches qui mènent au sommet. Avant de disputer, au sein de l'équipe de France, la finale des Masters et le championnat du monde, il s'est confié à boulistenaute.com.
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Depuis ses débuts dans le haut niveau, l'enfant prodige de la pétanque gravit une à une les marches qui mènent au sommet. Empochant en un peu plus de deux ans deux Marseillaises, deux maillots tricolores, deux titres à Millau et une édition des Masters de pétanque, celui qui est à présent l'un des meilleurs tireurs du monde atteint peu à peu la plupart de ses objectifs, tout en réalisant en permanence le plus important d'entre eux : garder la tête sur les épaules. Entretien avec un jeune homme bien élevé.
Tu reviens des USA, où tu es allé disputer un tournoi à New-York. Qu'est-ce que ça fait de jouer à la pétanque devant des gratte-ciels ?
C'était magique. Si on m'avait dit, quand j'avais dix ou onze ans, que je jouerais un jour à la pétanque dans un parc de Brooklyn, je ne l'aurais pas cru. Nous avons été super-bien accueillis par Xavier Thibaud et Jean-Pierre Subrenat. Avec ma copine, on en a profité pour visiter New-York, faire un tour en hélicoptère : c'était un super-voyage.
Nous sommes au deux-tiers de la saison, et tu as déjà accumulé beaucoup de résultats exceptionnels. Quelle est l'image de 2012 qui te vient à l'esprit en premier, quand tu jettes un coup d'oeil dans le rétroviseur ?
La Marseillaise. Et les titres dans les Alpes-Maritimes, pour ma première saison là-bas. Des déceptions aussi, avec les défaites aux championnats de France avec Philippe Suchaud : on aurait bien aimé ramener un maillot.

Mais ce maillot, tu l'as ramené au bout du compte ?
Oui. Le mixte, c'était vraiment bien, avec unpremier titre pour Christine Saunier, j'étais content. Un titre tous les ans, c'est un bon objectif, non ?

Tu vas disputer les prochains championnats du monde en compagnie d'Henri Lacroix, Philippe Suchaud et Bruno Le Boursicaud, après que la DTN ait testé, notamment lors des étapes des Masters, toutes les formations possibles. A ton avis, comment va s'effectuer le coaching lors de ces championnats du monde ?
Henri sera le pilier. Ensuite, je pense qu'on va tourner, essayer plusieurs choses économiser un peu Bruno qui va faire le concours de tir. Ensuite, ce sera en fonction de la forme de chacun, je suppose.

Est-ce qu'il y a des choses que tu redoutes, ou au contraire qui t'excitent particulièrement à l'approche de cette échéance ?
Ce qui m'excite, c'est de jouer devant autant de monde. Le Palais des Sports est très grand, et je crois qu'il est déjà presque plein. J'aime quand c'est plein, qu'il y a une grosse ambiance.
Ceux qui suivent le circuit des nationaux te connaissent depuis longtemps, puisque les Varois, notamment, se rappellent t'avoir vu gagner aux Arcs en tête-à-tête alors que tu avais à peine onze ans. Quand tu repenses à ces débuts extrêmement précoces, est-ce que tu as l'impression d'avoir brûlé les étapes, ou est-ce qu'au contraire tu penses avoir suivi un chemin progressif et logique ?
Je trouve que ça a été assez progressif. J'ai d'abord joué avec mon père, puis beaucoup en juniors, dans une bonne ambiance de copains, Perret,Coutanson : d'ailleurs, j'ai la chance d'être toujours dans le groupe Espoirs, où je peux en retrouver certains. En fait, voilà, ça s'est déroulé de façon assez logique.
Le rôle de ta famille, de tes parents, dans tout çà, c'était important, je suppose ?
Bien sûr. Mon père m'a appris à jouer, mais aussi à me comporter : c'est quelqu'un qui est droit dans le milieu de la pétanque. La famille, quand on est un jeune joueur, ça compte en effet.

Un mot sur tes frères, Mendy et Gueven. Est-ce que tu penses qu'on te verra un jour faire équipe avec eux ?
C'est un rêve, en quelque sorte. Nous avons des caractères assez différents, mais je pense qu'un jour, nous essaierons de voir ce que ça donne. Si ça marche, ça serait génial, et sinon, nous ferons toujours quelques concours par an ensemble.
Tu es en couple avec Lucie Rousseaux, qui est elle-même une bonne joueuse. Est-ce que çà, le fait de vivre avec quelqu'un qui aime la pétanque et la pratique, çà contribue à ton équilibre, est-ce que çà t'aide ?
Oui, c'est vrai que c'est bien d'être avec quelqu'un qui aime ça. Mais ce qui m'aide surtout, c'est qu'elle ne se prend pas la tête avec la pétanque. Elle peut rester plusieurs mois sans jouer, a d'autres centres d'intérêts : c'est bien, je trouve.

A vingt ans à peine, tu a déjà gagné beaucoup de choses. Quel est la compétition (à part bien sûr lechampionnat du monde) que tu rêves à présent de remporter ?
J'aimerais bien être champion de France tête-à-tête. C'est une formule que j'aime bien pratiquer, et ce serait pas mal.

Quel est le joueur que tu as considéré, ou que tu considères encore, comme un modèle à suivre ?
Philippe Quintais. Et puis mon père bien sûr. Damien Hureau, aussi. Ce que j'aime chez Damien, comme chez Stéphane Robineau, c'est qu'on partage de bons moments de pétanque, mais aussi plein de bons moments en dehors : ils ne se prennent pas la tête, on rit ensemble, c'est important aussi de vivre ça.

Entretien réalisé par Pierre Fieux "BOULEGAN"